Premier hôpital européen à se doter d’un scanner couleur 3D à rayons X utilisant une technologie du CERN

Antoine Le Gall

Depuis 2008, le CERN et l’entreprise néo-zélandaise MARS Bioimaging collaborent au développement d’un scanner couleur 3D à rayons X basé sur la technologie Medipix3, dont la collaboration Medipix3 est à l’origine. Inspirées par les détecteurs de physique des particules, les puces Medipix3 et Timepix3 sont désormais utilisées pour des applications médicales, mais aussi spatiales, et pour l’authentification d’œuvres d’art.

Le scanner se trouve maintenant en Europe, au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), en Suisse, première étape vers la phase européenne des essais cliniques internationaux auxquels procède MARS Bioimaging en vue de faire certifier la technologie pour un usage médical.

Le scanner de MARS Bioimaging, permettant de visualiser la consolidation osseuse après une fracture, rend possible l’imagerie haute résolution à proximité d’implants métalliques et est capable de distinguer de nombreux types de tissus différents sans qu’il soit nécessaire de recourir à des agents de contraste. Ces images, d’une incroyable précision, amèneront des progrès considérables dans le diagnostic des fractures de la main et du poignet, ainsi que le suivi du processus de consolidation.

L’équipe de radiologues et de médecins du CHUV est impatiente de commencer l’utilisation clinique du scanner. « Le scanner de MARS nous permettra d’améliorer notre compréhension de l’arthrite : comment la maladie se développe, comment la diagnostiquer. Il devrait également nous aider à développer les traitements ciblés qui nous font actuellement défaut pour traiter les maladies causées par les dépôts de cristaux de calcium », explique Fabio Becce, médecin associé et maître de conférences au CHUV.

« Ces essais réalisés dans un hôpital suisse sont un exemple éclatant du cheminement par lequel des expériences menées au sein d’un laboratoire de recherche en physique aboutiront à une technologie qui améliore le traitement des patients », ajoute le professeur Anthony Butler, président de MARS Bioimaging.

« En juin 2021, le CERN et MARS Bioimaging ont prolongé leur contrat de cinq ans, ce qui facilitera pour MARS Bioimaging l’obtention de l’homologation des agences pertinentes des États-Unis et de l’Union européenne, explique Aurélie Pezous, du groupe Transfert de connaissances du CERN. Le partenariat entre le CERN, la collaboration Medipix3 et MARS Bioimaging montre à quel point la collaboration avec les professionnels de la santé est essentielle pour l’innovation médicale. »

Au-delà du transfert de connaissances, cette collaboration illustre bien le potentiel des alumnis du CERN, puisque plusieurs d’entre eux ont travaillé sur la sécurité radiologique du scanner. On peut notamment citer Lucia Gallego Manzano, ancienne boursière du CERN dans le domaine de la radioprotection, travaillant aujourd’hui à l’Institut de radiophysique (IRA) du CHUV.